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Le dirigeant nationaliste Aleksandar Vucic, figure dominante de la vie politique en Serbie depuis 14 ans, a concédé sa défaite aux législatives anticipées dimanche.
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Présenté par les étudiants comme un « référendum anti-Vucic », le scrutin a connu une participation de près de 65 %, au plus haut depuis plus de 30 ans.
« Il est clair que nous avons perdu ces élections », a déclaré Aleksandar Vucic à ses partisans au siège de son parti dans la capitale, admettant rapidement dans la soirée que le mouvement étudiant, qui manifestait depuis deux ans, avait remporté la victoire.
Une participation record
Toute la journée, les électeurs serbes s’étaient massivement rendus aux urnes et à 18 h (17 h GMT), soit deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation frôlait les 65 %, au plus haut depuis plus de 30 ans.
La dernière forte mobilisation électorale, d’environ 70 %, remontait à l’éviction de l’ancien dirigeant Slobodan Milosevic en 2000, et reste une référence dans l’histoire politique serbe.
« La Serbie a gagné, comme nous l’avions promis », a déclaré Ilija Srdanovic, représentant la liste des étudiants, devant les militants brandissant des ballons colorés. « Plus jamais nous n’aurons de tyran dans ce pays ».

AP Photo/Armin Durgut
Suzana Mila Martic, une étudiante, a dit à l’AFP « se sentir incroyablement bien ».
« J’ai l’impression de vivre enfin dans un pays libre », a-t-elle affirmé en pleurs, alors qu’un concert de klaxons et une foule aux bras levés envahissaient les artères du centre de la capitale.
Présenté par les étudiants comme un « référendum anti-Vucic », ce scrutin était le premier depuis 2012 à esquisser, pour 6,4 millions d’électeurs, la possibilité d’une alternance.
— Ilija Srdanovic, représentant la liste des étudiants
« On a constaté un nombre important d’irrégularités et d’incidents », a déclaré à la presse Rasa Nedeljkov, responsable de l’observation électorale au CRTA.
Les forces de l’ordre n’ont pour l’heure confirmé aucune violence majeure liée aux élections.
Dans le centre-ville de Belgrade, des policiers anti-émeutes ont entouré la commission électorale, le bâtiment de la présidence et des partisans du gouvernement dans un parc au moment de la fermeture des bureaux de vote.
Sur X, les étudiants ont « exhorté » les habitants à « ne pas se rassembler à proximité des lieux où une présence policière accrue a été remarquée ».
« Restons en sécurité, restons dignes et sereins, et ce jusqu’au dernier moment », ont-ils écrit.
Barricadé
Cette victoire est l’aboutissement de près de deux années de manifestations déclenchées par l’effondrement en 2024 d’un auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de ce pays des Balkans.
Seize personnes étaient mortes et les protestataires ont estimé que l’accident était une conséquence de la corruption endémique.
Au plus fort de la mobilisation, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale.
— Aleksandar Vucic
Au fur et à mesure, leurs revendications se sont transformées en appels à des élections anticipées.
Les fidèles de M. Vucic, vice-Premier ministre à partir de 2012, puis Premier ministre en 2014 et président en 2017, ont monté la garde devant le palais présidentiel, barricadé. Les protestataires ont subi des violences.
Début septembre, M. Vucic a fini par convoquer les élections, démissionnant de son second mandat à la tête de l’État afin de mener la campagne pour son camp.
Une liste sans tête d’affiche
Le mouvement étudiant s’est, lui, constitué en une force politique disparate. Sa liste unique n’a aucune tête d’affiche, mais a présenté une sélection de candidats issus de la société civile, dont le seul point commun était de vouloir battre le Parti progressiste serbe (SNS) d’Aleksandar Vucic.
Les étudiants, ciblés par la désinformation, sont allés à la rencontre des électeurs pour enrayer la machine médiatique du SNS.
— Suzana Mila Martic, étudiante
Si 18 formations étaient officiellement en lice pour occuper les 250 sièges du parlement, la plupart des partis d’opposition ont soutenu le mouvement étudiant.








