La dépendance du Canada envers les États-Unis : liberté ou opportunité ?

21 août 2020

Temps de lecture : 17 minutes
Photo : Justin Trudeau et Donald Trump le 4 décembre 2019 (c) AP Photo/Evan Vucci/NYSB552/20227817906414
Abonnement Conflits

La dépendance du Canada envers les États-Unis : liberté ou opportunité ?

par

Le Canada entretient une relation très particulière avec les Etats-Unis, qui vire parfois à la dépendance. Aleksandre Katamadze dresse un tableau exhaustif de ce lien, sous ses aspects économiques militaires et même spirituels

 

« Sur le plan militaire, la géographie du Canada nous a permis de compter sur le propre intérêt des États-Unis à nous fournir un bouclier protecteur derrière lequel nous avons trouvé un refuge indirect. » Ce sont des paroles prononcées par Chrystia Freeland, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Canada, qui nous montrent la situation réelle où le Canada ne peut pas compter pleinement sur lui-même. Il convient également de noter que cette déclaration incarne l’opinion de la majorité des Canadiens, en particulier les politiciens canadiens, pas seulement de ceux qui se considèrent comme des soi-disant continentalistes, c’est-à-dire une partie de la population qui soutient la politique de subordination dans la sphère politique et économique au pays dominant sur le continent. En d’autres termes, cette catégorie de personnes préconise une collaboration plus étroite avec les États-Unis, dont la forme extrême est de promouvoir l’idée d’une prise de contrôle totale sur le plan politique du Canada par les États-Unis.

Pour révéler la dépendance d’un état à l’égard d’un autre, il faut prouver qu’il n’est pas souverain. En conséquence, il convient de se référer aux origines de la genèse de la notion de souveraineté.

La première personne à parler de souveraineté était un penseur français, Jean Bodin, qui a défini que la souveraineté est «le pouvoir de commander et de contraindre sans être ni commandé ni contraint». Jean Bodin était un idéologue de l’absolutisme, donc cette définition n’est correcte que si un monarque absolu est au pouvoir.

À l’heure actuelle, la notion de souveraineté a quelque peu changé de sens pour désigner particulièrement un État comme un acteur indépendant des relations internationales, qui mène une politique indépendante à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays, prenant des décisions autonomes afin de développer et de promouvoir les idées nationales.

À lire aussi : Canada/États-Unis, Les enjeux d’une frontière, de Pierre-Alexandre Beylier

Cette étude consiste à identifier les raisons inconditionnelles pour lesquelles le Canada ne peut pas être appelé un État souverain ou, en d’autres termes, être indépendant.

C’est évident qu’il faut noter les domaines dans lesquels cette interaction entre le Canada et les États-Unis se produit. C’est-à-dire savoir exactement où la coopération entre ces pays se développe dans le manque d’indépendance de l’un d’entre eux.

 

1. LES RELATIONS COMMERCIALES

1.1. Exportations et importations du Canada vers les Etats-Unis

Bien sûr la chose primordiale c’est le chiffre d’affaires. Les États-Unis importent environ 75% de toutes les exportations canadiennes. Il est estimé à plus de 20% du PIB, ce qui nous indique que les exportations vers les États-Unis représentent plus d’une huitième partie des revenus du Canada. (Approximativement 400 milliards CAN$)

D’après la base de données sur le commerce international des produits canadiens, on peut remarquer que les importations canadiennes sont également directement liées aux États-Unis, car elles représentent plus de la moitié de toutes les expéditions internationales. (Environ 300 milliards CAN$)

Ces indicateurs ne signifient qu’une chose. Le commerce du Canada dépend entièrement de la participation des États-Unis et sans ces échanges commerciaux le Canada perdrait une part importante de son PIB.

On doit comprendre que si on regarde à l’envers, c’est-à-dire du côté des États-Unis, le Canada est en effet un partenaire commercial important, mais il n’est pas primordial et n’occupe pas un marché aussi large que les États-Unis au Canada.

Le premier et majeur partenaire économique pour les États-Unis est la Chine. Si on parle d’autres associés classés par échange total de marchandises ce sont sûrement le Canada et le Mexique, mais on doit préciser qu’ils jouent presque le même rôle dans les affaires américaines.

Autrement dit, nous voyons que tout le commerce américain est systématiquement divisé entre les pays avec lesquels les États-Unis font du commerce, et même si la Chine l’emporte sur les autres, cette différence n’a pas le même écart que si on considère les principaux partenaires économiques du Canada, où la différence entre l’interaction commerciale du Canada avec les autres pays est environ dix fois inférieure à celle des États-Unis.

Considérant les États-Unis, les relations commerciales avec le Canada sont des rapports d’affaires vraiment importantes, alors que le Canada a un attachement complet au marché américain, sans lequel le Canada n’a pas d’alternatives, alors que les États-Unis les ont.

 

1.2. Traité de l’ACEUM dans le cadre de l’activité économique du Canada

Un champ important dans l’interaction économique est joué par les accords pertinents, qui permettent d’importer et d’exporter plus librement des marchandises d’un pays à un autre, augmenter le nombre d’emplois, réduire la pression fiscale par l’élimination de droits de douane, etc.

Actuellement, un tel traité est l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain), qui sera bientôt remplacé par un nouvel ACEUM (Accord Canada–États-Unis-Mexique).

Comme d’habitude, chaque contrat a ses propres nuances et ce n’est pas difficile de deviner pourquoi le Canada a signé ce traité, car surtout sur la base de l’expérience déjà acquise en tant qu’ALENA, la poursuite de ce type de coopération est une priorité en raison de l’avantage économique. Cependant, il faut comprendre qu’en plus des conditions économiquement favorables pour les pays, il y a aussi points douteux qui fixent au Canada un certain cadre en tant qu’État, influençant sa souveraineté intérieure.

Sans aucun doute, l’un des principaux changements par rapport au traité précédent est l’article 10 du chapitre 32. Il semblerait que cette entente devrait contenir exclusivement des questions liées aux activités sur le continent nord-américain, mais quoi qu’il en soit, ce n’est pas le cas.

À lire aussi : Le discours de Donald Trump au Mont Rushmore

Sur la base de l’article susmentionné de l’accord, il est à noter que le Canada ne peut plus conclure d’accords de libre-échange avec les pays « non marchands » dans l’interprétation de cet accord. On peut supposer que ces pays sont les suivants : la Russie, la Chine, le Vietnam, Cuba, etc. C’est-à-dire les énormes opportunités commerciales que le Canada a perdues sans acquérir.

De plus, si des intentions appropriées apparaissent, le Canada doit informer les membres de l’ACEUM en temps opportun et expliquer quels objectifs sont poursuivis grâce à ces actions. Évidemment, il est frappant que des données confidentielles sur un éventuel contrat doivent également être fournies sans faute, ce qui constitue en fait une censure à l’échelle internationale.

Il convient de noter que le même article contient un ultimatum indiquant que si une partie concluait un accord de libre-échange avec un pays non marchand, les autres parties pourraient résilier l’arrangement actuel. Autrement dit, l’ultimatum est dans le fait que la conclusion d’un traité avantageux pour le Canada entraînera la résiliation du principal.

Eu égard à ce qui précède, on peut tirer une conséquence que le Canada n’est pas seulement entièrement orienté vers le marché américain, le Canada a certaines restrictions pour une sortie partielle de cette dépendance par la proximité économique plus étroite qui est théoriquement possible avec d’autres pays.

Bien plus, ces limites constituent une sorte de certification officielle que le Canada est prêt à sacrifier le développement des relations avec d’autres pays au détriment de lui-même pour préserver les relations actuelles. Le gouvernement canadien se présente comme un état libre qui ne défend que ses intérêts sur la scène internationale. Bien que, comme le montre cet exemple, le Canada ne plaide pas la cause, il les néglige.

 

1.3. La souveraineté des eaux canadiennes en question

Le passage du Nord-Ouest est les eaux territoriales du Canada qui, au cours des décennies précédentes, n’avaient pas d’importance particulière, car cette voie maritime était recouverte de glace toute l’année et n’était pas utilisée. Cependant, sur la base des effets du réchauffement de la planète, on peut déjà dire que ce trajet peut être utilisé en été pour le passage d’un certain type de navire et qu’à la fin du XXIe siècle, on peut supposer une liberté de navigation totale en raison de la disparition des glaces.

Cette route permettra de réduire la distance entre les océans Atlantique et Pacifique de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui permettra d’économiser considérablement le temps et les dépenses des navires qui passent. En conséquence, on peut parler du développement du transport maritime, qui est rentable pour le Canada. Cela signifie que la question de la propriété de ces eaux ne devrait même pas se poser.

Pourtant, le « principal allié » du Canada considère ces eaux comme internationales, refusant de les considérer comme les eaux souveraines du Canada depuis des décennies.

Et pour cette raison, le Canada ne peut pas réglementer l’utilisation du passage du Nord-Ouest par les navires étrangers. De nombreux experts estiment que les terroristes peuvent utiliser cette route pour transporter des armes de destruction massive. De plus, ce passage peut être utilisé comme des portes ouvertes pour les trafiquants de drogue illégaux. Sans aucun doute, cela affecte l’état de sécurité du Canada, sa souveraineté, qui est en danger permanent en raison du manque de contrôle sur cette route maritime.

Si ces eaux sont reconnues comme souveraines, chaque navire devra d’abord demander l’autorisation de les traverser, c’est-à-dire que le Canada assurera sa sécurité et bénéficiera également d’avantages économiques.

À lire aussi : Justin Trudeau et le « rêve canadien »

Une chose est certaine : toute mesure prise par les États-Unis contre la reconnaissance du problème existant, ainsi que le fait d’échappement par les autorités canadiennes de sa solution, suggère que le Canada perd en défendant ses intérêts primordiaux, pas même dans l’économie, mais dans la sécurité de l’État, menaçant l’ensemble de la population du Canada, ainsi que les pays où des navires non certifiés avec une cargaison inconnue arriveront.

Le Canada devrait constamment mettre cette question à l’ordre du jour pour éviter d’éventuelles conséquences néfastes, en répondant de manière adéquate et en même temps exigeante à toutes les attaques des États-Unis sur ce problème. Le déroulement des événements susmentionnés ira à l’encontre des résidents du Canada tant que les autorités canadiennes donnent de la confiture aux cochons parce que seul le Canada peut vraiment apprécier la valeur de ces eaux et les rendre sûres pour la navigation.

Cependant, à l’heure actuelle, on peut affirmer que, malgré tous les avantages de résoudre ce problème juridique, le Canada évite cela parce que les autorités canadiennes adhèrent à une politique non-confrontation à l’égard des États-Unis, en raison de laquelle ce problème n’est pas résolu uniquement parce que celui qui s’oppose à cette idée est leur principal allié. Mais il ne faut pas oublier qu’il est peu probable qu’un véritable « allié » s’oppose à la préservation et à la garantie de la souveraineté de son homologue.

 

CONCLUSIONS SUR L’ÉCONOMIE CANADIENNE

Sur la base de ces arguments, on peut affirmer que le Canada a la position dépendante envers les États-Unis dans le segment économique du pays, puisque toutes les relations commerciales extérieures sont dirigées vers son voisin continental, lorsque, vu de l’autre côté, le Canada n’est pas un partenaire exclusif des États-Unis, où à son tour, il existe des options alternatives de relations commerciales avec d’autres pays, alors que le Canada possède la quasi-totalité des importations-exportations américaines.

La conclusion suivante est que le Canada établit volontairement ses relations économiques avec l’étranger de telle sorte que de facto toutes ses transactions avec d’autres pays sont contrôlées par des décisions américaines, puisque le Canada ne peut pas sacrifier le principal avantage au profit des avantages secondaires et dans le cas d’ACEUM, on voit que le Canada est juridiquement cimenté sa position d’inégalité et d’absence de réelle autonomie en matière de coopération commerciale avec le reste du monde.

La preuve corroborante est que le Canada, ayant toutes les possibilités de faire reconnaître la souveraineté de leurs eaux territoriales au monde entier, élude la discussion de ce problème en raison de la position désapprobatrice des États-Unis sur cette question. Pendant des décennies, le gouvernement canadien met en danger la sécurité de l’État, sans parler d’un éventuel gain économique qui disparaîtra si les autorités canadiennes cessaient définitivement de se battre pour leurs droits dans le passage du Nord-Ouest.

Il convient de noter que le Canada est tellement attaché sur le plan économique aux États-Unis qu’il est peu probable, même avec les contre-actions du gouvernement canadien, qu’on ne verra pas un Canada économiquement libre dans un avenir proche, car cela entraînera l’effondrement de son économie actuelle.

 

 

2. LA SPHÈRE MILITAIRE COMME GRAND FIASCO DE LA POLITIQUE CANADIENNE

Le Canada est un pays qui a suivi la voie de la démilitarisation au cours des dernières années. Cependant, l’État pourrait-il se le permettre ? Il y a deux raisons possibles pour lesquelles les autorités canadiennes ont pris de telles mesures.

Dans le premier cas, on peut parler d’un possible altruisme, mais en même temps pas d’une volonté logique de donner l’exemple aux autres afin d’arrêter de développer la sphère militaire et de commencer à investir cet argent dans le développement d’autres domaines de la vie publique. Cette option est peu probable, car elle était peu susceptible de conduire à un résultat positif. La vérité bien connue est que le monde n’est pas gouverné par l’altruisme et l’humanité, mais plutôt l’instinct humain principal – l’instinct de survie.

Dans le deuxième cas, qui, selon l’auteur, est absolument vrai, le Canada a mis complètement le problème de la protection de son pays sur les épaules des États-Unis. Ensuite, nous verrons pourquoi.

 

2.1. Troupes régulières

Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde, mais il n’a pas besoin d’une armée pour protéger ses frontières, car le Canada reconnaît militairement les États-Unis comme son bouclier. Néanmoins, il faut comprendre que les choses changent avec le temps. Celui qui était à tes côtés peut ne plus être demain.

Il faut également être conscient que dans le cas de catastrophes naturelles et d’autres situations d’urgence, les forces des troupes régulières sont utilisées, qui à leur tour doivent être compétentes et en nombre suffisant.

De plus, le Canada se positionne comme un pays activement impliqué dans la mise en œuvre de la paix, ce qui indique sa participation aux opérations armées de l’OTAN, en conséquence, un certain nombre de troupes est nécessaire pour ces activités.

En fait, les troupes régulières du Canada comptent environ 72 000 personnes qui servent à plein temps qui représente environ 0,002 de la population totale.

À lire aussi : Guerre commerciale entre Trump et la Chine

Étant donné les circonstances possibles susmentionnées, telles que la menace de souveraineté territoriale ou le règlement des conséquences des catastrophes naturelles, ou la participation nécessaire à des opérations militaires dans d’autres parties du monde, on peut comprendre que le Canada n’est prêt qu’à envoyer un nombre minimum de contingents militaires à l’OTAN.

En raison de la taille d’un État comme le Canada, un tel nombre de troupes régulières est catégoriquement inacceptable si l’État se décrit comme indépendant, car il ne sera pas en mesure de faire face à aucune sorte de menace réelle en raison d’un manque de personnel et d’une politique de démilitarisation.

 

2.2. Plan d’assistance civile Canada/Etats-Unis

Cet accord aurait été conclu afin de se soutenir plus efficacement dans les situations de crise civile, mais en fait, on peut comprendre que la première puissance militaire du monde comme les États-Unis n’a besoin du soutien d’aucune force militaire d’un autre pays pour résoudre des problèmes internes, il est donc facile de deviner que le traité actuel concerne exclusivement le Canada.

Le traité interétatique officiel donne aux États-Unis le droit de résider légalement sur le territoire canadien et d’agir en fonction des circonstances et libère les mains d’envoyer des troupes en quantité que les dirigeants américains jugent nécessaire, c’est-à-dire que, dans toutes les situations critiques, les États-Unis contrôlent réellement le territoire du Canada. Il semblerait, compte tenu de l’ampleur de l’État, que ce sera difficile, mais en réalité, presque toute la population du Canada vit à la frontière avec les États-Unis, c’est-à-dire que le territoire de déploiement des troupes est considérablement réduit.

Par exemple, l’une des éventuelles crises futures au Canada pourrait être la séparation du Québec, dont la politique visait dès le début à une indépendance totale de l’influence canadienne. En cas de circonstances défavorables et de conflit armé, on peut être sûr que les troupes américaines seront au Québec plus tôt que les troupes régulières du Canada.

Par conséquent, ce fait prouve une fois de plus que le Canada n’est pas souverain et que le Canada reconnaît ses forces armées comme incapables de résoudre même d’éventuels problèmes internes.

 

2.3. Caractéristique géographique

Le Canada a des frontières marines avec trois pays : avec le Danemark (Groenland), la France (Saint-Pierre-et-Miquelon) et les États-Unis. Il convient de mentionner que la plus longue frontière terrestre du monde se situe juste entre les États-Unis et le Canada.

On doit prendre en compte le fait que ~ 57 000 personnes vivent au Groenland et en même temps, il y a deux bases militaires américaines sur leur territoire qui contrôlent de facto la plus grande île du monde, qui a un statut géopolitique important.

L’archipel français, bien sûr, est une sorte d’atout de la France, étendant son influence marine. Et chaque année, la France développe le potentiel existant d’utilisation de ce groupe d’îles non seulement à des fins touristiques.

Autrement dit, on peut affirmer qu’en réalité, seuls deux pays bordent le Canada : la France et les États-Unis. Cependant, ce n’est pas difficile de deviner que le ratio l’emporte largement sur les États-Unis, car ils entourent complètement le Canada de tous les côtés à la fois sur terre et en mer.

En raison de sa position géographique sur terre, le Canada a dû coopérer tout au long de son histoire avec les États-Unis. Tant que les États-Unis sont le leader mondial, le Canada n’a aucune chance de sortir de son hégémonie, car la sphère d’influence américaine sur le Canada, même d’un point de vue géographique, est colossale, n’ayant pas d’analogues dans le monde.

C’est-à-dire les États-Unis sont libres de contrôler les actions du Canada à la fois sur terre (la plus longue frontière terrestre du monde ; une grande partie de la population canadienne vit à la frontière avec les États-Unis, ce qui affecte grandement la situation) et en mer, dès lors que les États-Unis « enveloppent » géographiquement le Canada.

Afin de comprendre l’ampleur de la catastrophe géographique du Canada, citons la Russie à titre d’exemple. La Russie est le pays avec le plus grand nombre de frontières avec d’autres États. La Russie a des frontières terrestres avec 16 pays, et en mer avec deux, c’est-à-dire au total avec 18 pays du monde. Cependant, la Fédération de Russie mène une politique absolument indépendante dans tous les domaines de la vie, car la Russie est libre à la fois politiquement et socio-économiquement, grâce à sa puissance militaire et à son autosuffisance en termes de couverture de l’ensemble du spectre des ressources renouvelables et non renouvelables.

Ceci est confirmé par le fait que la Russie, malgré d’éventuelles sanctions concernant l’annexion de la Crimée à la Russie en 2014, qui a entraîné des changements politiques défavorables à la Russie (exclusion du G8), et des conséquences économiques négatives, qui, ainsi que d’autres problèmes à l’époque, a conduit à un effondrement brutal du rouble, et social (rupture des Russes et des Ukrainiens comme inextricablement liés devant les peuples ethniques).

À lire aussi : Russie – États-Unis : des relations compliquées mais un long compagnonnage historique

Néanmoins, la Russie n’a toujours fait aucune concession ni compromis sans s’écarter de sa politique étrangère, tout en se rendant compte que tous les pays occidentaux s’opposeraient à cette décision et que cela affecterait l’image de la Russie dans le monde.

Le résultat est net : la Russie a la Crimée, les sanctions ne sont plus l’outil qui affecterait sérieusement l’économie du pays, puisque l’ensemble du secteur économique s’est adapté à cela, et les pays occidentaux présentent périodiquement des appels à inviter la Russie au sommet du G8, comprenant son rôle au xxie siècle.

Seul un pays autosuffisant et indépendant pourrait emprunter une telle voie. Le Canada est-il prêt pour une telle défense des intérêts nationaux ?  Définitivement pas.

À son tour, pour le Canada, qui n’a qu’un seul voisin terrestre, il s’est avéré suffisant d’éliminer complètement le Canada du concept de souveraineté territoriale, sans parler de l’archipel français, dont le rôle dans ce contexte est éclipsé par le facteur de la présence américaine.

En résumé, on peut conclure que le Canada n’avait pas le choix en raison de sa spécificité géographique, qui impliquait soit la subordination, soit la conquête.

 

Conclusions sur la sphère militaire

Il ne fait aucun doute que les faits susmentionnés confirment que dans le domaine militaire, le Canada ne réussit pas uniquement en raison de son approche de cette question. En plus du fait que le Canada mène une politique de démilitarisation, son gouvernement permet aux troupes étrangères d’agir si nécessaire sur le territoire du Canada, ce qui témoigne de son incapacité à protéger son propre État même au niveau des problèmes internes.

Cependant, la politique actuelle de transfert de responsabilité à son seul voisin découle non seulement de décisions de l’élite politique du Canada, mais aussi de raisons objectives, comme la position géographique du pays, qui encourage l’adoption de décisions contre nature pour un État souverain pour le développement stable de l’État.

De nos jours, il faut évaluer adéquatement le fait que l’équilibre des pouvoirs est fragile et que la balance fluctue constamment, par conséquent, on doit être prêt pour des changements, lorsque le Canada n’est pas simplement prêt pour eux, mais rejette consciemment toute variante du développement des événements où les États-Unis ne jouent pas un rôle dans leurs affaires intérieures. Un état qui ne peut pas se défendre ne peut pas être souverain.

Tant sur le plan socio-économique que militaire, le Canada repose entièrement sur les États-Unis. Cet état d’avancement manifeste d’une intégration profonde qui ne peut être interrompue que par une action résolue et cohérente du gouvernement canadien pour sortir de l’état de nécessité prédéterminée de la protection américaine.

 

3. LA SPHÈRE SPIRITUELLE DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE

Parlant de la société canadienne, on peut déclarer qu’elle est l’une des plus développées au monde dans le domaine de la protection des droits et libertés des citoyens, du niveau de vie, du potentiel humain, etc.

Cependant, si on analyse la communauté des gens, alors le niveau de la qualité de vie n’a aucun poids, car dans cet aspect, l’unité organique, les attitudes vis-à-vis du monde et la culture de l’individu sont importantes.

Actuellement, toute société est hétérogène, néanmoins, la partie prédominante de la population est généralement exprimée par le peuple d’origine qui détermine le vecteur de développement de l’État.

Selon les données officielles du recensement canadien, le pourcentage d’immigrants est ~ 22%. Il faut prendre conscience de plusieurs points à la fois: 1) c’est un cinquième de l’ensemble de la population canadienne; 2) des millions de personnes ont déjà reçu la citoyenneté et ne sont plus considérées comme des immigrants; 3) les enfants nés d’immigrants sont automatiquement considérés comme canadiens.

Le gouvernement canadien actuel est directement associé à l’augmentation du flux d’immigration, grâce à laquelle le nombre d’immigrants par an est passé à plus de 300 000. Et en fait, toute la croissance de la population, plus de 80% est faite par les immigrants.

Une telle hétérogénéité incroyable a commencé avec la création du Canada en tant qu’état, car à l’origine il n’y avait pas de Canadiens, la population était principalement composée de français et de Britanniques ou, en termes simples, d’Européens. Et à l’heure actuelle, le flux migratoire est principalement composé de chinois, d’Indiens et de Philippins.

Cette situation montre que, depuis la fondation du Canada, la nationalité en tant que telle n’existait pas, et en raison de la faible population, l’immigration du dernier siècle et demi a complètement changé le visage du Canada en raison de son échelle, unissant une grande variété de personnes de partout dans le monde, ayant perdu tout espoir pour la formation de l’identité nationale du pays.

Pour comprendre l’importance de l’identité nationale, je vais citer les mots du Directeur de l’enquête sociale générale à l’université de Chicago, Tom W.Smith: « The world is primarily organized in nation states, i.e. sovereign, geo-political entities organized around one main nationality or ethnic group. National identity is the cohesive force that both holds nation states together and shapes their relationships with other states ». En conséquence, sans identité nationale, il est extrêmement problématique de parler de souveraineté de l’état.

Et pour remplacer le manque d’identité nationale, les Canadiens ont choisi un concept tel que le multiculturalisme. Puisqu’il est impossible de créer quelque chose en commun parmi des personnes complètement différentes, parce que diverses croyances, ethnicité, l’ancien lieu de résidence, la langue maternelle ont contribué à la séparation de la société plutôt qu’à la convergence. Désormais, en menant une politique de multiculturalisme, il n’est plus nécessaire de chercher le point de contact, car l’état a officiellement déclaré que «l’as canadien» réside précisément dans le fait que le Canada est un pays où un grand nombre de cultures sont concentrées et où il y aura une place pour chaque personne, indépendamment de sa religion, de ses valeurs culturelles, de son appartenance ethnique.

 

3.1. Mais est-ce vraiment le cas ? Le multiculturalisme est-il un moyen efficace ?

En fait, la principale preuve que la politique de multiculturalisme n’atteint pas ses objectifs est que les immigrants s’installent en fonction de leur appartenance ethnique ou nationale. Cela est démontré par le fait que près de 70% de tous les immigrants s’installent à Montréal, Vancouver et Toronto. L’exemple le plus frappant est celui du Québec, où s’installe la majorité des francophones.

Il est tout à fait clair pourquoi cela se produit:

1)      Le désir de communiquer avec ceux qui parlent ta langue.

2)      L’envie de vivre avec ceux qui ont la même origine.

3)      L’aspiration à trouver quelque chose de similaire à la vie antérieure.

 

En conséquence, on peut conclure qu’au Canada, les diasporas de pays du monde entier se développent sans entrave et à un rythme accéléré, et on ne peut nier que les représentants de ces différentes diasporas sont ou seront en fait responsables de la gestion du pays. Et plus chacun d’entre eux sera fort et nombreux, plus de membres seront représentés au pouvoir.

De fait, la réalité actuelle est une sorte d’expression du «soft power» de chacun des pays dont les citoyens ont déménagé au Canada. Leurs représentants légaux au gouvernement et au parlement du Canada aideront à promouvoir les intérêts nationaux d’un pays particulier au nom du Canada.

 

Les conclusions sur la sphère spirituelle

Ainsi, les faits susmentionnés donnent à penser que la politique de multiculturalisme ne contribue pas à la formation des Canadiens en tant que nation, car il se passe une migration standard des gens qui déménagent principalement vers l’endroit où vivent des gens qui parlent leur langue, qui sont de la même culture ou de la même nation développant ainsi leurs diasporas au Canada et ne formant pas le peuple canadien.

De plus, on peut supposer que le développement des diasporas ne fera que conduire au fait que les pays dont les diasporas sont les plus fortement exprimées au Canada auront certains avantages et, par conséquent, influenceront à la fois la politique intérieure et extérieure de l’État. Pour cette raison, il n’est pas possible de parler de prise de décision indépendante même au sein de l’État.

On peut donc affirmer que le remplacement de l’identité nationale par la politique de multiculturalisme a échoué. Le Canada ne peut même pas, en théorie, prendre des décisions indépendantes, car l’introduction étrangère contrôle les événements qui se déroulent à l’intérieur du Canada, ce qui témoigne de l’absence de souveraineté de l’état.

 

CONCLUSION GÉNÉRALE

Après avoir examiné plusieurs domaines de la vie de la société, on peut considérer qu’il n’y a pas d’interdépendance entre les États-Unis et le Canada, car les États-Unis dans la sphère économique ont un certain nombre de directions alternatives, alors que le Canada n’en a pas parce que la plupart des exportations-importations sont concentrées sur les États-Unis.

Entre autres choses, le Canada, sans le consentement des États-Unis, ne peut pas conclure de traités de libre-échange avec un certain nombre de pays dans le cadre de la signature d’un tel accord comme l’ACEUM.

Bien plus, les autorités canadiennes ne défendent pas leurs droits, contrairement à ce que les États-Unis ont déclaré, en ce qui concerne la reconnaissance de leurs eaux souveraines au niveau international, ce qui fait que le Canada perd des revenus potentiels par le passage du Nord-Ouest et le Canada est également sous une menace terroriste constante en raison de l’impossibilité de contrôler ces eaux.

Dans le domaine militaire, le Canada compte entièrement sur les États-Unis, percevant son voisin comme un «bouclier» contre tous les maux, ce qui lui permet de disposer officiellement des troupes américaines sur son territoire au cas où les États-Unis le jugeraient bon parce que le Canada n’est pas autonome dans le domaine de la défense en raison du très faible nombre de troupes régulières qu’il dispose.

En examinant la sphère spirituelle de la société canadienne, on peut conclure que, pour des raisons historiques, le Canada était depuis le tout début une union de diverses nations européennes, et maintenant, sur la base de la croissance accélérée de l’immigration, la société canadienne a intégré des millions de citoyens de tous les continents qui parle de l’impossibilité de se former une identité nationale, comme cela s’est produit aux États-Unis, puisque le gouvernement américain a dès le début procédé de la diffusion de nouvelles valeurs culturelles, faisant d’une idole à la fois son drapeau et la constitution adoptée, promouvant l’amour pour les États-Unis comme un pays et popularisant son identité nationale, ce qui n’est pas le cas du Canada.

La politique de multiculturalisme adoptée, ui visait à résoudre le problème de l’absence d’identité nationale, n’a fait qu’accroître les risques de l’intervention étrangère provienne légalement du Canada, puisque le rôle progressif des diasporas et de leurs représentants au pouvoir du Canada donne le droit de supposer que les intérêts nationaux d’autres pays seront davantage promus par les anciens citoyens détenant actuellement la citoyenneté canadienne.

Ainsi, on peut argumenter sur la dépendance du Canada à l’égard des États-Unis dans diverses sphères de l’activité humaine et aussi sur l’impossibilité pour le Canada de sortir de cette dépendance pour des raisons économiques, démographiques, géographiques, militaires, politiques et historiques.

 

 

À propos de l’auteur
Aleksandre Katamadze

Aleksandre Katamadze

Institute of International Relations and Socio-Political Sciences, Federal State Budgetary Institution of Higher Education «Moscow State Linguistic University»
La Lettre Conflits
3 fois par semaine

La newsletter de Conflits

Voir aussi

Pin It on Pinterest