En 2024, les dépenses militaires mondiales ont atteint un niveau record de 2 718 milliards de dollars, en hausse de 9,4 % sur un an.
Les États-Unis restent en tête, mais la Chine a plus que triplé son budget militaire en quatorze ans, réduisant l’écart avec Washington.
La guerre en Ukraine a réveillé l’Europe, l’Allemagne devenant pour la première fois depuis la réunification le premier acheteur d’armes du continent.
Le grand réarmement mondial : ce que disent les chiffres
Entre 2010 et 2024, les dépenses militaires mondiales ont connu une hausse massive, partout dans le monde. En 2024, elles ont atteint un niveau record de 2 718 milliards de dollars, soit une augmentation de 9,4 % par rapport à 2023 en termes réels, soit la plus forte hausse annuelle depuis au moins la fin de la guerre froide.
La domination américaine, la montée chinoise
Les États-Unis restent dans une catégorie à part. Avec près de 997 milliards de dollars en 2024 — contre 700 milliards en 2010 — ils représentent à eux seuls 37 % des dépenses militaires mondiales. Mais c’est la trajectoire chinoise qui est la plus significative politiquement. La Chine a alloué environ 314 milliards de dollars à son armée en 2024, soit une hausse de 7 % par rapport à 2023. En 2010, ses dépenses étaient inférieures à 120 milliards. En quatorze ans, Pékin a plus que triplé son budget militaire, réduisant progressivement l’écart avec Washington. Les États-Unis et la Chine ont représenté près de la moitié des dépenses militaires mondiales en 2024.
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La Russie, petit budget, grand effort
La Russie est le cas le plus frappant en termes d’effort relatif. Son budget militaire apparent, environ 149 milliards de dollars en 2024, semble modeste face aux géants américain et chinois. Mais le graphique révèle une hausse spectaculaire depuis 2020, avec une accélération brutale après 2022. La Russie a fait croître ses dépenses d’armement de 38 % entre 2023 et 2024. En parité de pouvoir d’achat, son effort réel est considérablement supérieur aux chiffres nominaux.
L’Europe se réveille
La partie la plus instructive du graphique est peut-être celle qui concerne l’Europe. Pendant dix ans, de 2010 à 2020, les dépenses européennes ont stagné ou légèrement progressé. L’Allemagne restait en dessous de 50 milliards, la France autour de 55 milliards. La guerre en Ukraine a changé la donne. Les dépenses militaires de l’Allemagne ont augmenté de 28 % pour atteindre 88,5 milliards de dollars en 2024. Pour la première fois depuis la réunification, l’Allemagne est devenue le premier pays d’Europe occidentale à dépenser le plus pour ses forces armées, grâce au fonds spécial de défense de 100 milliards d’euros annoncé en 2022.
Le Royaume-Uni progresse également, à environ 82 milliards de dollars. La France se maintient à un niveau stable autour de 67 milliards.
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La leçon de ce graphique n’est pas seulement quantitative, elle est aussi géopolitique. Le monde de 2024 n’est plus celui de 2010. La parenthèse des dividendes de la paix ouverte en 1991 est définitivement fermée. Les dépenses militaires mondiales ont augmenté pour la neuvième année consécutive. Pour la première fois depuis 2009, elles ont augmenté dans les cinq zones géographiques définies par le SIPRI.
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Ce réarmement généralisé est une réponse à une réalité que les démocraties occidentales ont longtemps refusé d’admettre : la guerre est revenue comme instrument de politique internationale, et ceux qui n’investissent pas dans leur défense aujourd’hui paieront le prix demain. Les barres du graphique ne sont pas des chiffres abstraits, elles dessinent le rapport de forces du monde qui vient.
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