<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Une réalité géopolitique : « Il n’y a de ressources que d’hommes ! »

12 mars 2026

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Une réalité géopolitique : « Il n’y a de ressources que d’hommes ! »

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Alors que l’existence ou la crainte de conflits liés aux ressources sont souvent évoquées, il est nécessaire de préciser ce qu’est une ressource. Elle n’existe que si l’homme a découvert son intérêt pour satisfaire des besoins et que si des conditions géopolitiques, internes ou externes, le permettent.


Un article à retrouver dans le N62. Corée du Nord : La forteresse nucléaire. 


La ressource : une construction humaine

Selon le dictionnaire Robert, les ressources sont des « moyens matériels dont dispose ou peut disposer une collectivité ». Or, disposer, c’est « avoir l’usage », un usage qui peut se trouver fortement différent selon les capacités techniques. Ainsi, la réalisation de centrales solaires terrestres, permettant de transformer cet élément qu’est le soleil en ressource, n’a commencé que dans les années 1970-1980, grâce à l’invention de la cellule photovoltaïque en silicium en 1954.

Un élément de la Terre n’est donc une « ressource » qu’à partir du moment où l’homme sait le rendre profitable à de meilleures conditions de vie. Et cela suppose le plus souvent des conditions géopolitiques internes ou externes favorables. Prenons un exemple relativement ancien : la baie des Anges, les collines niçoises qui la dominent et leur climat sont présents depuis des siècles.

Toutefois, ces éléments ne sont devenus une ressource qu’au cours du XVIIIe siècle lorsque la présence de Lord et Lady Cavendish inspira d’autres membres de l’aristocratie anglaise à fréquenter Nice en hiver. Mais cela n’a alors été possible qu’en raison de la situation géopolitique d’une ville qui n’était alors pas sous la souveraineté de la France, cet ennemi pluriséculaire de l’Angleterre.

Un élément de la Terre n’est donc une « ressource » qu’à partir du moment où l’homme sait le rendre profitable à de meilleures conditions de vie

Le rôle de la géopolitique interne dans l’exploitation des ressources

Pour prendre un exemple plus récent d’élément géographique rendant possible une ressource touristique, citons Acapulco. Cette station balnéaire a été l’une des plus prisées au monde des années 1930 aux années 1960. Puis sa situation géopolitique interne a changé avec un gouvernement mexicain ne parvenant pas à entraver la montée de l’insécurité liée aux cartels de la drogue et aux gangs.

En conséquence, la fréquentation touristique internationale d’Acapulco a connu une baisse drastique appauvrissant la ressource du lieu.

Ainsi, la situation géopolitique interne, qui inclut bien entendu les politiques publiques, est essentielle pour que des éléments se transforment en ressource. L’archipel de Mayotte, avec son lagon et ses magnifiques paysages variés, pourrait être un haut lieu de ressource touristique, mais le contexte géopolitique ne l’a pas permis alors que, pourtant plus loin dans l’océan Indien, Maurice, bénéficiant d’une bonne gouvernance, est devenue fort attractive.

Autre exemple, la France dispose de tous les éléments du sol et de la mer permettant d’avoir des ressources alimentaires pour sa population. Pourtant, son commerce extérieur agricole est devenu négatif et plus encore son commerce extérieur des produits de la pêche au détriment de sa souveraineté alimentaire.

L’influence de la géopolitique internationale sur les ressources

En matière d’hydrocarbures, les ressources du Venezuela, en dépit de ses immenses réserves, sont extrêmement faibles, car la géopolitique interne du Venezuela, depuis Chavez, a empêché ce pays de bien gérer ses potentialités. De même, le Mozambique éprouve des difficultés à transformer en ressource son potentiel d’hydrocarbures face à l’insécurité insuffisamment combattue dans la région concernée de Cabo Delgado.

Ailleurs, la géopolitique externe est un facteur favorable ou défavorable à bénéficier de ressources. Ainsi, le modus vivendi qui règne en Caspienne rend possible pour ses pays riverains des ressources d’hydrocarbures, comme les accords entre la Mauritanie et le Sénégal sur le partage des eaux offriront des ressources offshores à ces pays.

En revanche, les tensions géopolitiques en Méditerranée orientale compliquent la possibilité de transformer en ressources les réserves de gaz au large de Chypre.

Le modus vivendi qui règne en Caspienne rend possible pour ses pays riverains des ressources d’hydrocarbures, comme les accords entre la Mauritanie et le Sénégal sur le partage des eaux offriront des ressources offshores à ces pays

Ces quelques exemples montrent que, pour formuler à l’instar de Jean Bodin, « il n’y a de ressources que d’hommes », d’hommes disposant de savoir-faire et capables d’assurer des conditions géopolitiques non défavorables à la transformation des éléments existants en ressources.

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Gérard-François Dumont

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