<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Au Moyen-Orient, frappes les plus massives depuis la trêve d’avril, le pétrole en hausse

13 juillet 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : Ormuz (c) AFP

Abonnement Conflits

Au Moyen-Orient, frappes les plus massives depuis la trêve d’avril, le pétrole en hausse

par

  • Les États-Unis ont de nouveau bombardé l’Iran, Téhéran ripostant en visant des pays de la région alliés de Washington — les frappes les plus massives des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

  • Au cœur de la reprise des hostilités, le détroit d’Ormuz, dont Téhéran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.

  • L’annonce d’une nouvelle fermeture de ce passage stratégique a fait bondir les cours du pétrole, le Brent gagnant plus de 4 %.

Par les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington

Les États-Unis ont encore bombardé l’Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d’une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

Au cœur de la reprise des hostilités, le détroit d’Ormuz, sur lequel Téhéran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.

L’annonce ce week-end par la République islamique d’une nouvelle fermeture de ce passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures a fait repartir en forte hausse les cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, bondissait de plus de 4 % à 79,13 dollars peu après 4 h 30 GMT.

À lire aussi : Détroit d’Ormuz : une zone de passage essentielle

Après quasiment 40 jours de bombardements dans un conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur en avril, avant d’être entériné le 17 juin par un protocole d’accord signé par Washington et Téhéran malgré des escarmouches régulières autour du détroit.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines.

À partir de 0 h 30 heure de Téhéran (21 h 00 GMT), l’armée américaine a effectué une nouvelle série de frappes. Un peu plus de cinq heures plus tard, elle a annoncé y avoir mis fin.

Les forces américaines « ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations », a rapporté le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

D’après des médias d’État iraniens, ces bombardements ont visé de vastes zones de l’ouest et du sud de l’Iran, notamment l’île de Qeshm et Bandar Abbas, au niveau d’Ormuz, mais aussi la province du Khouzistan frontalière de l’Irak.

Quant à Mahchahr (sud-ouest), une frappe américaine y a tué au moins une personne et fait quatre blessés, selon un responsable local cité par l’agence officielle Irna. Dimanche en fin de journée, cette agence avait par ailleurs fait état d’un mort et de deux blessés dans l’île de Farur, dans le Golfe.

L’objectif affiché de Washington est identique à celui de dimanche : tenter d’empêcher Téhéran « d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux » dans le détroit d’Ormuz, selon le Centcom.

Efforts « réduits à néant »

Les États-Unis accusent en particulier l’Iran d’avoir touché pendant le week-end le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, dans le détroit. Vingt-trois membres d’équipage ont été secourus et un autre porté disparu, a annoncé dimanche le sultanat d’Oman, qui poursuit les recherches.

La diplomatie iranienne a « fermement condamné » les tout derniers bombardements américains et reproché à Washington d’avoir « réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois » visant à rétablir la paix dans la région.

En représailles, les puissants Gardiens de la Révolution ont dit avoir bombardé des bases militaires du Golfe utilisées par l’armée américaine, en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.

L’armée jordanienne a annoncé avoir abattu quatre missiles iraniens au-dessus du pays, ajoutant qu’aucun blessé ni dégât matériel n’était à signaler.

Bahreïn a activé, comme dimanche, les sirènes d’alerte aérienne, et le Koweït a dit combattre « des cibles aériennes hostiles ». Dimanche, le gouvernement avait fait état d’une attaque contre trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore, sans l’attribuer.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, avait exhorté plus tôt Washington et Téhéran à « la plus grande retenue » et à « reprendre d’urgence les négociations ».

Retour de l’insécurité

La diplomatie iranienne accuse les États-Unis d’avoir « ouvertement violé quasiment tous les termes » du protocole d’accord de mi-juin et causé le « retour de l’insécurité » dans le détroit d’Ormuz.

Ce texte d’accord prévoyait une réouverture du détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième du brut mondial. Téhéran n’autorise toutefois qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, en menaçant les navires contournant cet itinéraire, et souhaite instaurer des droits de passage, refusant un retour à la situation d’avant-guerre.

« Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera », a averti le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l’agence Isna.

Après la signature du protocole, le trafic avait atteint son plus haut niveau depuis fin février mais il a chuté de nouveau après ces nouvelles frappes et l’Iran a annoncé dimanche refermer le détroit jusqu’à nouvel ordre.

À lire aussi : Podcast — Ormuz : le détroit du pétrole

Le Centcom a, lui, assuré qu’il restait ouvert : « l’Iran ne contrôle pas le détroit » et la circulation maritime s’opère, selon lui.

© Agence France-Presse

Mots-clefs : ,

Voir aussi

Des tribunes aux tranchées : quand les ultras deviennent des soldats

Communautés masculines soudées, disciplinées et rompues à l'affrontement collectif, les groupes ultras peuvent, dans certaines crises, se muer en vivier de recrutement militaire d'une efficacité remarquable. Deux exemples séparés par plus de vingt ans l'illustrent : les Delije de...

Le chant des cigales, patrimoine sonore de la France méditerranéenne

La France abrite une quinzaine d'espèces de cigales, dont plusieurs endémiques de Corse — patrimoine biogéographique unique en Europe. Le cycle biologique de la cigale est l'un des plus disproportionnés du règne animal : six ans sous terre pour six semaines de chant. Menacé par...

La France, usine à footballeurs du monde

À la Coupe du monde 2026, près d’une centaine de joueurs formés en France défendent d’autres couleurs que le bleu. Derrière cette statistique se dessine une géographie mondiale du talent et la prédominance de l’Europe dans la formation des footballeurs. Du Brésil à l’Argentine, du...

À propos de l’auteur
Revue Conflits avec AFP

Revue Conflits avec AFP