Iran : Trump menace, Israël frappe, Téhéran résiste

6 avril 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Photo : A kaleidoscopic composite image combines portraits of Iran’s Supreme Leader Ali Khamenei (R), Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu (C) and US President Donald Trump (L) Yassine Mahjoub/SIPA)//MAHJOUBYASSINE_1000086329/Credit:Yassine Mahjoub/SIPA/2602281655

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Iran : Trump menace, Israël frappe, Téhéran résiste

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  • Donald Trump brandit la menace d’une destruction totale de l’Iran « en une seule nuit » et fixe un ultimatum sur les infrastructures énergétiques, tandis qu’Israël frappe le complexe pétrochimique South Pars.

  • L’Iran poursuit la guerre sans fléchir, son armée affirmant qu’elle combattra « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun », tandis que des médiateurs tentent de négocier un cessez-le-feu.

  • L’Union européenne met en garde contre l’illégalité des frappes sur des infrastructures civiles, appelant à une solution diplomatique après cinq semaines de conflit.

Donald Trump a déclaré lundi que l’Iran « tout entier » pourrait être « détruit » mardi soir. *« Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain (mardi) »*, a affirmé le président américain lors d’une conférence de presse. Donald Trump a fixé à mardi soir un ultimatum avant de bombarder des infrastructures énergétiques en Iran.

Plus de 170 avions impliqués dans le sauvetage des deux aviateurs américains en Iran

Plus de 170 avions militaires ont été impliqués dans le sauvetage des deux aviateurs américains en Iran ce week-end, a annoncé Donald Trump lors d’une conférence de presse lundi. La première mission de sauvetage a mobilisé « 21 » avions, a dit le président américain, tandis que la deuxième a « mobilisé 155 appareils (…) Nous les avons tous emmenés sur place ». Il a précisé que deux avions de transport militaire s’étaient enlisés dans le sable, et avaient dû être détruits.

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Trump ne « s’inquiète pas » de commettre des crimes de guerre en Iran

Donald Trump a affirmé lundi qu’il ne « s’inquiétait pas » du risque de commettre des crimes de guerre en Iran s’il mettait à exécution sa menace de bombarder des infrastructures civiles. « Cela ne m’inquiète pas », a dit le président américain à un journaliste qui l’interrogeait plus précisément sur sa menace de détruire des centrales électriques et sur le fait que cela pourrait constituer un crime de guerre, pendant une célébration de la fête de Pâques à la Maison-Blanche. Il a estimé que le « crime de guerre » serait de laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire et a avancé une autre justification en évoquant les répressions de manifestations par les autorités iraniennes : « Ils tuent des manifestants. Ce sont des animaux ».

« Ce n’est pas encore assez bien mais c’est une étape très significative » — Donald Trump, sur la proposition de cessez-le-feu avancée par des pays médiateurs.

Trump qualifie la proposition de cessez-le-feu d’« étape très importante »

Interrogé lundi sur une proposition de cessez-le-feu avec l’Iran avancée par des pays médiateurs, Donald Trump a jugé qu’il s’agissait d’une « étape très importante ». « Ce n’est pas encore assez bien mais c’est une étape très significative », a dit le président américain, pendant un échange avec des journalistes en marge d’une cérémonie organisée à l’occasion de Pâques à la Maison-Blanche.

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L’Iran poursuivra la guerre « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun »

Le porte-parole de l’armée iranienne a déclaré lundi que son pays continuera à se battre « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun », au moment où plusieurs pays tentent de négocier un cessez-le-feu entre l’Iran, les États-Unis et Israël. « L’ennemi doit assurément regretter (le déclenchement des hostilités, NDLR) pour qu’après ce conflit nous puissions retrouver la sécurité et éviter une nouvelle guerre », a dit Mohammad Akraminia, cité par l’agence de presse iranienne Isna.

Frappes contre le complexe pétrochimique South Pars

Un complexe pétrochimique situé dans le sud de l’Iran a été visé à son tour par des frappes, ont annoncé lundi les autorités locales, après le bombardement plus tôt par Israël d’un autre site. « À la suite de l’attaque du complexe pétrochimique de Marvdasht (…) l’incendie a été maîtrisé », ont indiqué les responsables de cette ville du sud de l’Iran proche de Chiraz, dans un communiqué diffusé par l’agence Fars, qui évoque des « dégâts mineurs ». Israël a revendiqué lundi des frappes sur le complexe pétrochimique South Pars à Assalouyeh, un site essentiel du secteur énergétique iranien et l’exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

« L’incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l’étendue des dégâts font l’objet d’une enquête » — Communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, cité par l’agence Irna.

Plusieurs explosions ont par ailleurs été entendues lundi après-midi dans le sud de l’Iran depuis le plus grand complexe gazier du pays, a rapporté l’agence Fars. Ces explosions se sont produites dans le complexe pétrochimique South Pars à Assalouyeh, où Israël dit avoir mené des frappes lundi.

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L’UE avertit : cibler des infrastructures civiles est « illégal »

Toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est « illégale » et « inacceptable », a averti lundi le président du Conseil européen, Antonio Costa, dans un message sur X, au 38e jour de guerre au Moyen-Orient. « Cela vaut pour la guerre menée par la Russie en Ukraine et cela vaut partout. La population civile iranienne est la principale victime du régime iranien. Elle serait également la principale victime d’un élargissement de la campagne militaire », a-t-il ajouté, sans citer les États-Unis ni Israël.

Antonio Costa a fait état d’un récent entretien avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans lequel il a exigé que l’Iran cesse « immédiatement » ses attaques contre les pays du Golfe et rétablisse la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. « Après cinq semaines de guerre au Moyen-Orient, il est clair que seule une solution diplomatique permettra de s’attaquer à ses causes profondes », a-t-il relevé.

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© Agence France-Presse

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