L’Iran a revendiqué des attaques contre les deux plus grandes fonderies d’aluminium du Golfe, au Bahreïn et aux Émirats arabes unis.
Dans un conflit qui ne donne aucun signe de désescalade, Téhéran élargit sa stratégie de représailles aux infrastructures industrielles des pays du Golfe.
Les Gardiens de la Révolution menacent désormais de frapper les universités américaines au Moyen-Orient, tandis que des spéculations grandissantes évoquent un déploiement terrestre américain en Iran.
L’Iran a revendiqué dimanche des attaques contre deux des fonderies d’aluminium les plus importantes du monde au Bahreïn et aux Émirats arabes unis, ravivant les craintes de perturbations majeures pour l’économie mondiale après un mois de guerre au Moyen-Orient.
Dans un conflit qui ne donne aucun signe de désescalade, l’Iran et Israël continuent de se bombarder mutuellement et plusieurs pays du Golfe font à nouveau état d’attaques iraniennes. Samedi, les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen avaient ouvert un nouveau front dans la guerre, en lançant deux attaques contre Israël.
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont revendiqué des attaques de missiles et de drones qui ont endommagé samedi les usines d’Aluminium Bahrain (Alba) et Emirates Global Aluminium (Ega).
La fonderie d’Alba, une des plus grandes du monde, avait déjà annoncé le 15 mars la fermeture de 19% de ses capacités de production pour faire face aux perturbations d’approvisionnement dues au verrouillage par l’Iran du détroit stratégique d’Ormuz.
Elle a confirmé dimanche que deux de ses employés avaient été légèrement blessés dans l’attaque iranienne et a dit évaluer l’étendue des dégâts dans son usine.
Samedi, Ega avait pour sa part annoncée que son usine d’Al Taweelah, à Abou Dhabi, un de ses deux sites aux Émirats, avait subi « d’importants dégâts » lors d’une attaque qui avait fait six blessés.
Lire aussi : Ormuz : blocage du commerce maritime
Menaces contre les universités
Ces deux entreprises « grâce aux investissements et aux participations de sociétés américaines, jouent un rôle important dans l’approvisionnement des industries militaires de l’armée américaine », ont affirmé les Gardiens de la Révolution.
Ils ont déclaré avoir agi en représailles à des attaques américano-israéliennes contre des infrastructures industrielles en Iran.
Dimanche matin, selon l’agence iranienne Irna, de nouvelles frappes ont touché un quai sur le port iranien de Bandar Khamir, proche du détroit d’Ormuz, faisant cinq morts et quatre blessés.
Les Gardiens ont également menacé dimanche de frapper les universités américaines au Moyen-Orient, en représailles à des frappes qui ont selon eux endommagé deux universités en Iran.
De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l’université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Émirats arabes unis.
Les tirs de missiles et de drones ont continué dimanche dans toute la région. À Téhéran, un journaliste de l’AFP a entendu à deux reprises des explosions depuis le nord de la ville, tandis que de la fumée s’élevait de zones touchées vers l’est.
La chaîne qatarie Al Araby a annoncé que son bureau dans la capitale iranienne avait été touché par une frappe.
En Israël, l’armée a, comme les nuits précédentes, fait état de missiles iraniens se dirigeant vers son territoire et demandé aux populations des zones visées de se mettre à l’abri.
Le Koweït et les Émirats arabes unis ont également signalé des attaques de drones et de missiles dimanche à l’aube.
Dans le cadre des efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin à la guerre, des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des « discussions approfondies ».
Lire aussi : Israël–Iran : la naissance d’une « guerre de dissociation stratégique »
Spéculations sur une opération terrestre
Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines au sol en Iran.
Selon le Washington Post, qui a cité samedi des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations terrestres de plusieurs semaines.
De telles opérations n’iraient pas jusqu’à une invasion à grande échelle de l’Iran, selon ces responsables, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien par les forces spéciales et d’autres soldats.
L’armée américaine a annoncé samedi l’arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d’assaut amphibie à la tête d’un groupe naval comprenant « quelque 3 500 » marins et soldats du corps des Marines.
Ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d’envoyer prochainement au moins 10 000 militaires au Moyen-Orient.
Dans une interview à un podcast diffusé samedi, le vice-président JD Vance a affirmé que les États-Unis avaient « atteint tous leurs objectifs militaires » en Iran, mais qu’il était nécessaire que la guerre continue « encore un peu » pour empêcher qu’elle ne recommence dans deux ans.
Samedi, les Houthis du Yémen avaient revendiqué deux attaques en quelques heures contre Israël.
Alors que le trafic maritime mondial est fortement perturbé par le blocage du détroit d’Ormuz, l’entrée en guerre des Houthis pourrait aggraver la situation : les rebelles yéménites avaient mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.
Lire aussi : Détroits et canaux : quand la guerre menace les artères du commerce mondial
Lire aussi : Les mines navales iraniennes, l’arme invisible du détroit d’Ormuz
© Agence France-Presse










