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La carte AFP recense des dizaines de frappes israélo-américaines sur l’Iran au 28 février, concentrées autour de Téhéran et sur un axe nord-ouest/sud-est traversant le pays.
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En riposte, l’Iran cible les bases militaires américaines au Koweït, Bahreïn, Qatar et Émirats — quatre monarchies du Golfe jusqu’alors préservées du conflit.
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L’extension géographique des frappes, du Liban à la mer d’Arabie, illustre une recomposition inédite de l’architecture sécuritaire de tout le Moyen-Orient.
La carte publiée par l’AFP, réalisée en collaboration avec l’Institute for the Study of War et l’AEI’s Critical Threats Project, dresse un tableau saisissant de l’extension géographique du conflit au Moyen-Orient aux 28 février et 1er mars 2026. Elle matérialise en quelques points rouges et bleus ce que les mots peinent à exprimer : un embrasement régional sans précédent depuis des décennies.
L’Iran au cœur de la tempête
Le territoire iranien concentre la grande majorité des frappes et explosions répertoriées durant l’opération israélo-américaine. Les points rouges, qui signalent les impacts recensés par l’ISW-CTP au 28 février à 21h GMT, se densifient nettement autour de Téhéran et le long d’un axe nord-ouest/sud-est traversant le pays. La capitale iranienne apparaît comme la cible principale, avec une concentration de frappes sans précédent sur son pourtour immédiat.
D’autres impacts sont signalés plus à l’ouest du territoire, à proximité de la frontière irakienne, ainsi qu’à l’est, suggérant une stratégie de frappes tous azimuts visant à neutraliser simultanément plusieurs types d’infrastructures militaires et énergétiques. La logique de cette campagne — détruire les capacités balistiques iraniennes et empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire — se lit directement sur la géographie des frappes.
Des dizaines de points rouges autour de Téhéran : la capitale iranienne, pilonnée sans relâche, devient le symbole d’une guerre totale au cœur du Moyen-Orient.
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Les bases américaines du Golfe dans le viseur iranien
En riposte, l’Iran a ciblé les bases militaires abritant du personnel américain dans la région du Golfe. La carte recense, au 1er mars à 14h GMT, plusieurs sites visés par des frappes iraniennes, matérialisés par des cercles bleus : au Koweït, au Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Ces quatre pays, qui accueillent certaines des plus importantes installations militaires américaines de la région, ont tous annoncé avoir intercepté des missiles iraniens.
Le détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transitent près de 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole, apparaît également comme une zone de tension majeure sur la carte. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué son contrôle total, menaçant de paralyser l’une des artères énergétiques les plus critiques de la planète.
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Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats : les monarchies du Golfe, jusqu’alors préservées, se retrouvent en première ligne des ripostes iraniennes.
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Une géographie du conflit qui dépasse les frontières
Ce qui frappe à la lecture de cette carte, c’est l’ampleur géographique du théâtre d’opérations. De la Syrie au Liban, en passant par l’Irak, la Jordanie et la péninsule arabique, l’ensemble du Moyen-Orient se trouve désormais concerné par le conflit. L’Arabie Saoudite, Oman et le Yémen figurent parmi les pays ayant soit été visés par des missiles iraniens, soit annoncé l’interception de projectiles.
Même le Qatar — qui abrite la base aérienne d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région — se retrouve en première ligne. La dispersion des frappes sur l’ensemble de la carte illustre une réalité stratégique nouvelle : ce conflit ne se limite plus à un face-à-face bilatéral. Il recompose en profondeur l’architecture sécuritaire de toute une région.
De la Syrie à la mer d’Arabie, en passant par le Golfe : la carte AFP révèle un théâtre d’opérations d’une ampleur inédite depuis des décennies au Moyen-Orient.
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Un conflit aux ramifications régionales inédites
La lecture de cette carte pose une question stratégique fondamentale : jusqu’où peut s’étendre ce théâtre d’opérations, déjà considérable ? Vers l’est, en direction du Pakistan et de l’Afghanistan ? Vers l’ouest, en direction de la Méditerranée ? Les monarchies du Golfe, entraînées malgré elles dans le conflit, cherchent à préserver leur neutralité tout en abritant les bases américaines qui font d’elles des cibles de choix pour Téhéran.
La carte ne dit pas quelle sera l’issue de ce conflit. Mais elle dit clairement une chose : le commerce maritime mondial, les flux énergétiques et l’équilibre des puissances régionales sont désormais suspendus à l’évolution d’un bras de fer qui, en quelques jours, a redessiné la carte géopolitique du Moyen-Orient.
La carte ne prédit pas l’issue du conflit. Mais elle dit l’essentiel : le Moyen-Orient tout entier est désormais un théâtre de guerre.










